Système de contrôle des trains

D’ici 2026, un nouveau système de contrôle des trains sera déployé sur la ligne bleue actuelle et son prolongement vers l’Est. Une technologie contemporaine de type CBTC (communication based train control) a été retenue pour réaliser ce projet, une première dans le réseau montréalais!

Texte important

Un système rétro!

La technologie de contrôle des trains actuellement utilisée dans le métro de Montréal est presque unique sur la planète! En effet, il n’y a que quelques métros dans le monde, dont Marseille, qui utilise également cette technologie. Nos équipes d’experts ont entretenu le système avec un tel soin qu’il bat des records de longévité!

Si la salle de contrôle du métro constitue le cerveau de notre réseau souterrain, le contrôle des trains, lui, tient lieu de système nerveux. Il s’agit essentiellement d’un équipement qui permet de contrôler le trafic ferroviaire.

Le principal objectif de ce système est de veiller à maintenir un espacement sécuritaire entre chacun des trains. Il est composé de différents appareils, disposés le long des voies et à bord des voitures, permettant notamment de détecter l’emplacement des trains. Câblage, filage, composants électroniques et informatiques complètent ce dispositif discret, mais néanmoins essentiel à l’exploitation du métro.

Le système actuel, conçu autour d’un équipement nommé circuit de voie (CDV), date des années 70. Il détecte la circulation des trains par un circuit électrique intégré aux rails. Les rails sont divisés en section, ce qui rend la localisation des trains approximative, chaque section mesurant entre 50 et 500 mètres.

La plus grande avancée d’un système CBTC repose sur la communication en continu entre le train et les ordinateurs qui gèrent leur circulation. Cette communication se fait en temps réel, par ondes radio, et permet d’obtenir des données plus précises et ainsi de prendre des décisions rapides et adaptées aux situations opérationnelles.

De plus, les CDV actuels permettent de dicter des instructions au train, mais celui-ci ne peut pas prendre de décision; il ne fait qu’appliquer de manière immédiate les consignes reçues, sans anticipation. Avec le CBTC le train va en quelque sorte devenir intelligent. Cette nouvelle approche change complètement la dynamique de contrôle des trains; c’est ce qu’on appelle un système prédictif, par opposition à un système réactif. Le train sera donc en mesure de prévoir des actions à prendre (ralentir, freiner, s’immobiliser, etc.), avant de croiser une borne qui lui enverrait le message de le faire, comme c’est actuellement le cas.

Le CBTC est utilisé dans de nombreux réseaux ferroviaires, souterrains ou non, partout à travers le monde. Il s’agit d’une technologie qui a fait ses preuves. Au Canada, le CBTC a notamment été implanté sur certains segments des réseaux de Toronto et de Vancouver. Il est également intéressant de savoir que nos balisages internationaux et la culture de partage qui existe entre les différents réseaux de transport à travers le monde nous permettent de bénéficier des apprentissages de nos collègues et d’importer les meilleures pratiques.

Le prolongement de la ligne bleue vers l’Est nécessite la mise en place d’un système de contrôle des trains sur le tronçon prolongé. Or, il est impossible d’exploiter la ligne bleue actuelle et son prolongement avec deux systèmes différents. De plus, la technologie actuelle est en voie de devenir obsolète. Dans ce contexte, le CBTC permettra d’assurer la fiabilité de notre réseau à long terme.

Le contrôle des trains est un composant indispensable de tout réseau de métro. Cette mise à niveau technologique constitue d’abord et avant tout un investissement pour le futur, mais elle permettra également de nouvelles fonctionnalités.

  • En effet, le nouveau CBTC permettra d’assurer la viabilité de notre réseau pour les décennies à venir. Même si le système actuel est encore très fiable, nous prenons ce virage au bon moment, considérant que la planification et la réalisation d’un tel projet d’envergure s’étale sur plusieurs années.
  • De plus, la précision accrue de localisation des trains permettra un peu plus de souplesse dans le positionnement des trains sur une ligne, par exemple lors d’un ralentissement de service.
  • Également, nous serons en mesure de poser à distance des diagnostics au sujet de certains problèmes à bord des trains. Ceci veut dire que les trains à réparer passeront moins de temps à l’atelier et seront davantage disponibles pour assurer le service à la clientèle.
  • Par ailleurs, le nouveau système permettra de réduire de manière considérable les arrêts de service imputables à un bris d’équipement du système de contrôle de train. En effet, la majorité des nouveaux composants seront installés en redondance (duplication), afin de garantir la continuité de leur fonctionnement, même en cas d’avarie. Bien que ce type d’arrêt de service ne représente qu’un faible pourcentage des arrêts de service totaux (moins de 10%), il s’agit d’un avantage indéniable.
  • Finalement, le principal avantage qui sera perceptible par la clientèle s’appelle le freinage prédictif. Avez-vous déjà ressenti une secousse à l’approche d’un bout de ligne? Il faut savoir que le train doit circuler à vitesse réduite en terminus. Le moment où la secousse se fait ressentir correspond à l’instant où le train reçoit une nouvelle consigne qui lui ordonne de diminuer sa vitesse à un endroit précis sur son parcours. Le train ne peut pas prévoir qu’il devra décélérer. Ce sera maintenant chose possible avec le CBTC. Ainsi, le freinage prédictif rendra vos déplacements en métro plus confortables.  

Freinage prédictif

Pour le moment, nous prévoyons travailler sur les voies exclusivement de nuit. Toutefois, la fenêtre de temps disponible pour exécuter des travaux nocturnes étant très restreinte, il est fort possible que nous devions amputer le service à quelques occasions, par exemple en fin de soirée ou la fin de semaine. Si tel devait être le cas, un service de navette par bus sera offert à la clientèle concernée. Ces impacts potentiels ne se manifesteront pas avant 2024 et nous vous tiendrons informés en amont.

D’ici là, nous procéderons, dès 2021, à l’agrandissement ou l’adaptation de certains locaux techniques à proximité des quais, afin de les préparer à recevoir les nouveaux équipements. Ces travaux préparatoires devraient se dérouler de manière transparente pour la clientèle.

Des études sont toujours en cours pour déterminer si ce sont des trains MR-73 ou AZUR qui desserviront la ligne bleue prolongée.

Ce n’est pas envisagé pour le moment.

À terme, les trois autres lignes de notre réseau de métro devront être équipées de la technologie CBTC. Cependant, ce type de projet nécessitant des investissements financiers importants, le calendrier de réalisation n’est pas encore défini.


Ce projet est rendu possible grâce au financement des gouvernements du Canada et du Québec dans le cadre du Programme d’aide financière du Fonds pour l’infrastructure de transport en commun.

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