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Liste des communiqués
La STM fait
rapport sur l'incident
qui s'est produit à la station Berri-UQAM, le 18 juin 2007
Montréal,
le 6 septembre 2007
–
Le président du conseil d’administration de la
STM, M. Claude Trudel, a rencontré les médias ce matin pour faire rapport
sur un incident qui s’est produit le lundi 18 juin 2007, à la station de
métro Berri-UQAM, au cours duquel les agents de surveillance de la STM
auraient refusé d’intervenir pour mettre fin à la bousculade entre un homme
et une femme.
Le mandat et la méthodologie
Dans un premier temps, un rapport d’enquête de
la division de la surveillance a été produit. Ce rapport inclut une
quinzaine de témoignages de clients, d’employés et de gestionnaires. Dans un
deuxième temps, un rapport technique a été préparé par la Division de
l’ingénierie du métro.
Compte tenu de la nature de l’événement, M.
Trudel a mandaté le vérificateur général de la Société afin qu’il examine
l’existence et la suffisance des informations recueillies par les enquêteurs
de la Surveillance et de l’Ingénierie du métro, qu’il fasse rapport à la
direction et recommande les mesures appropriées. Pour réaliser ce mandat, le
vérificateur général s’est adjoint les services d'un avocat spécialisé en
droit du travail.
Le contexte
Après plus de 25 ans de discussions entre les
différentes administrations, la Section métro du SPVM entre en fonction le
18 juin 2007, date de l’incident qui fait l’objet de l’enquête. L’exécutif
syndical de la Fraternité des constables et agents de la paix de la STM
convoque ses membres cette même journée pour approuver les modalités d’une
nouvelle convention collective d’une durée de cinq ans, laquelle a été
entérinée le 19 juin 2007.
Compte tenu du contexte de négociations,
l’ensemble du personnel de la surveillance n’a été informé que verbalement
des nouvelles consignes en vigueur la semaine précédent l’entrée en service
de la Section métro du SPVM. Par ailleurs, des rencontres plus formelles,
qui étaient déjà prévues avec les agents, ont eu lieu à compter du 19 juin
afin de préciser les rôles et responsabilités de chacun.
La chronologie des événements
15h55.20 : une dispute éclate entre un homme et
une femme près de la loge nord de la station Berri-UQAM;
15h55.57 : deux agents de surveillance sortent
du poste de surveillance à Berri;
15h57.00 : début de la bousculade entre le
couple;
15h57.29 : un client intervient dans la dispute
du couple et un des deux agents de surveillance appelle le Centre
opérationnel de surveillance (COS) pour signaler « une bagarre entre deux
hommes » et demande l’intervention du SPVM;
15h57.45 : le changeur se dirige vers les
agents de surveillance;
15h58.02 : le couple quitte par les tourniquets
de la loge nord;
15h58.19 : le client interpelle les agents et
une discussion s’ensuit;
16h00.08 : le client demande au changeur
d’appeler la police qui lui dit que cela a déjà été fait.
La bousculade entre le couple a duré 29
secondes et celle entre le client et l’homme du couple, 3 secondes.
Les faits
-
Les agents n’ont pas vu la bagarre entre le
couple;
-
les agents ont vu la fin de la bousculade entre
le client-témoin et l’homme du couple;
-
les agents ont suivi la procédure et ont appelé
le Centre opérationnel de surveillance pour que l’incident soit signalé au
SPVM;
-
les agents ne se sont pas dirigés vers les
personnes impliquées dans cette altercation;
-
le client-témoin a interpellé les agents pour
qu’ils interviennent.
Les recommandations
Dans le cadre des enquêtes effectuées, il a été
noté qu’une certaine ambiguïté régnait le 18 juin dernier quant aux rôles et
responsabilités des agents, faute d’une communication efficace.
Les trois rapports arrivent aux mêmes
conclusions et, à cet effet, le vérificateur recommande :
-
que des mesures appropriées soient prises
envers le personnel impliqué lors de l’incident et relativement aux
déclarations qui ont suivi le 18 juin 2007;
-
de rappeler aux lieutenants, qu’au-delà de leurs responsabilités de
gestion du personnel, ils doivent aussi intervenir en fonction du service à
la clientèle;
-
que dans des situations similaires, un rapport d’événement détaillé soit
rédigé par les agents.
Depuis, ces mesures ont déjà été mises en
application.
Déclaration de M. Claude Trudel
«Ainsi que je m'étais engagé à le faire, je
vous reviens aujourd'hui avec le rapport sur l'incident du 18 juin dernier,
au cours duquel des agents de surveillance auraient laissé un couple se
battre sans intervenir.
Afin de m’assurer de la rigueur de l'enquête,
j’ai donné le mandat à la Vérification générale d’examiner les rapports
d’événements produits par la Division de la surveillance et par la Division
de l’ingénierie du métro.
Notre Vérificateur général vous a présenté son
rapport un peu plus tôt ce matin. Ce rapport est disponible pour ceux et
celles d’entre vous qui ne l’auraient pas. Cela dit, je ne reviendrai pas
sur les détails ou la chronologie de l'incident.
Les analyses faites par les enquêteurs, par
l'équipe de l'Ingénierie et par la Vérification générale m’amènent à faire
les remarques et commentaires suivants :
-
je vous assure que l’événement, qui a duré très
exactement 1 minute 4 secondes, a été scruté à la loupe;
-
il ne s'agissait pas d'une situation où quelqu'un était en détresse et en
aucun temps la sécurité du public n'a été mise en danger;
-
nos agents de surveillance n'ont pas été témoins de la bousculade entre le
couple. Le rapport de la Vérification générale démontre clairement qu'ils ne
pouvaient pas la voir d'où ils étaient placés;
-
dès qu'ils ont su qu'il se passait quelque chose, nos agents de
surveillance ont respecté la consigne et ont rapporté l'incident au Centre
opérationnel de surveillance;
-
par contre, ils ne sont pas allés au devant des personnes impliquées comme
ils auraient dû le faire;
-
la Présidente de la Fraternité a reconnu qu’il était faux de prétendre,
comme elle l’a déclaré publiquement et à plusieurs reprises sur toutes les
tribunes qu’on lui offrait, que la STM avait ordonné aux agents de ne plus
intervenir au niveau de la sécurité des usagers;
-
la STM n’a jamais demandé de ne pas intervenir dans ce genre de situation
: la directive verbale (jusqu’au 19 juin) était claire : les agents devaient
intervenir comme d’habitude;
-
cet événement a été largement médiatisé, si bien que le ministre de la
Sécurité publique a demandé au SPVM de faire une enquête;
-
cet incident n'a fait aucune victime, personne n'a porté plainte et le client-témoin qui est intervenu a refusé de nous rencontrer par peur de
représailles;
-
tant les enquêteurs que le formateur et la direction de la STM s’entendent
pour reconnaître que la situation nécessitait l’intervention des agents de
surveillance et sont d’avis que les agents ont manqué de discernement en
n’intervenant pas lors de l’incident impliquant le client-témoin et l’homme
du couple;
-
les agents n’ont pas respecté les consignes établies et rappelées
verbalement, lorsqu’ils ont été témoin de l’altercation survenue entre le client-témoin et l’autre homme. Cette directive était et est toujours à
l’effet que les agents doivent intervenir comme ils l’ont toujours fait,
dans une telle situation dont ils sont témoins;
-
pour leur part, les lieutenants auraient dû intervenir dans une
perspective de service à la clientèle, plutôt que de se contenter de remplir
leurs responsabilités de gestion du personnel.
Cet événement est malheureux et regrettable.
Les trois rapports d’enquête arrivent aux mêmes conclusions. Il n’y a pas eu
de manquement grave de la part de nos agents de surveillance. Un manque de
discernement, oui.
Comme il a été démontré, une certaine ambiguïté
et, admettons-le, une grande fébrilité, régnaient en ce jour 1 de l’entrée
en service des policiers dans le métro.
Compte tenu de la qualité du bilan de services
des employés concernés et de la nature de l’incident, j’ai demandé au
Directeur général qu’une lettre soit envoyée tant aux agents qu’aux
lieutenants, rappelant aux premiers le contenu de la directive et aux
seconds, la nécessité d’intervenir en fonction du service à la clientèle
plutôt qu’en fonction de leurs responsabilités administratives.
Les mesures recommandées par le vérificateur
général ont déjà été appliquées afin que pareil incident ne se reproduise
plus.
La STM maintient sa confiance en ses agents de
surveillance et est assurée de leur engagement à bien remplir leur mission.
Étant satisfait des conclusions des enquêtes
internes et du rapport de la Vérification générale et remerciant tous ceux
et celles qui ont travaillé objectivement à faire la lumière sur cette
affaire, je considère l’incident clos.»
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