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Quelques notes historiques
sur la Public Service Corporation.
Histoire administrative
La Public Service Corporation tire son origine de la Suburban Tramway and Power
Company. Cette dernière obtient sa charte en 1904 par une loi du Parlement du Québec (4
Edward VII., Chap. 77, sanctionnée le 2 août 1904). Ses premiers actionnaires sont tous
des membres du conseil d'administration de la Montreal Street Railway Company. Pour
illustrer l'évolution de l'entreprise, il convient de présenter ici les quelques
amendements apportés à sa charte. Un premier amendement lui permet d'augmenter son
capital-actions au moment et pour des sommes que l'entreprise jugera à propos (8 Edward
VII., Chap. III, sanctionné le 14 avril 1908). Puis un nouvel amendement l'autorise à
changer de raison sociale en celle de la Public Service Corporation et à oeuvrer
désormais sur l'ensemble du territoire de l'île de Montréal (George V., Chap. 72,
sanctionné le 4 juin 1910). Le 22 septembre 1911, le conseil d'administration de la
Public Service Corporation approuve à l'unanimité le projet de vente de tous les actifs
de la compagnie à la Montreal Tramways Company. Lors d'une assemblée générale
spéciale, tenue le 9 octobre 1911, où sont présents tous les actionnaires de la
compagnie, la vente de la Public Service Corporation à la Montreal Tramways Company est
unanimement approuvée. Cette vente entraîne par ailleurs la fin des activités de la
Public Service Corporation. Par la suite, les activités consignées témoignent d'une
part d'un hiatus complet entre 1912 et 1925, et, d'autre part, que ces activités ne se
rapportent qu'à des élections du conseil d'administration, et ce de 1925 jusqu'en 1935.
Le mandat de la Suburban Tramway and Power Company lui accorde le droit de «construire
un tramway électrique et de produire de l'électricité pour l'alimentation en lumière,
chaleur et énergie motrice» au nord du fleuve Saint-Laurent, dans les comtés
d'Hochelaga, Jacques-Cartier, Soulanges, Laval et Terrebonne ainsi qu'au sud du
Saint-Laurent, dans les comtés de Chambly et Laprairie. Elle peut aussi acquérir
d'autres compagnies de tramways. La compagnie peut également ériger des ponts et des
barrages ainsi qu'aménager des «terrains d'amusement». La compagnie est dirigée par un
conseil d'administration qui peut varier entre cinq et 15 membres, tous actionnaires et
élus lors de l'assemblée générale annuelle. Le conseil d'administration désigne
ensuite un président et un vice-président. Le capital-actions de la compagnie est fixé
à 2 millions de dollars, avec la possibilité de l'augmenter selon les besoins.
Le mandat de la Public Service Corporation reprend celui de la Suburban Tramway and
Power Company en lui ajoutant toutefois le territoire complet de l'île de Montréal comme
aire d'exploitation et en lui permettant la construction de stations et de terminus.
Complément à l'histoire administrative
Il nous paraît que la Suburban Tramway and Power Company puis la Public Service
Corporation se sont surtout préoccupées de construire une centrale électrique et de
fournir à la Montreal Street Railway Company l'électricité dont elle a de plus en plus
besoin pour assurer la croissance de son réseau en pleine expansion. Si l'on garde à
l'esprit que les actionnaires de la Montreal Street Railway Company et de la Suburban
Tramway and Power Company sont les mêmes, il est facile de comprendre l'orientation de
cette dernière. De plus, par la nature des liens d'affaires entre ces deux compagnies,
elles s'évitent ainsi une trop grande dépendance à l'égard de fournisseurs extérieurs
pour l'électricité. Même si sa charte et les divers contrats qu'elle achète de la
Montreal Park and Island Railway Company lui permettent d'effectuer du transport de
passagers par tramways dans les municipalités de Beaurivage et de Longue-Pointe, les
seules activités d'importance consignées dans le livre des minutes sont directement
liées à la construction et à l'exploitation d'une centrale électrique.
En effet, par une série d'ententes entre la Montreal Street Railway Company, la
Suburban Tramway and Power Company et ces deux municipalités, la Suburban Tramway and
Power Company faisait effectuer le transport des passagers par les tramways de la Montreal
Street Railway Company . Quant à la centrale, les terrains requis pour sa construction
sont achetés en 1906 et les premiers contrats pour l'achat d'équipement sont octroyés
cette même année. La construction se poursuit pendant toute l'année 1907 et en mai
1908, le conseil d'administration informe ses actionnaires que la centrale, située à
l'intersection des rues Notre-Dame et Saint-Raymond, est maintenant en exploitation .
Le 16 novembre 1910, le conseil d'administration de la Public Service Corporation
connaît un changement d'importance puisque le président L.-J. Forget démissionne et est
remplacé par E.A. Robert, également président de la Montreal Street Railway Company. Le
9 octobre 1911, E.A. Robert, toujours aux commandes de la Public Service Corporation et
désormais à la tête de la Montreal Tramways Company, orchestre la vente de la Public
Service Corporation à la Montreal Tramways Company. Ainsi, en se vendant à lui-même
cette entreprise surtout consacrée à la production d'énergie électrique, il pose la
pierre angulaire de la Montreal Tramways Company, cette nouvelle entreprise qui occupera
bientôt une situation de monopole pour le transport en commun à Montréal, et ce
jusqu'en 1951.
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