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Quelques notes historiques
sur la Montreal Terminal Railway Company.
Histoire administrative
La Montreal Terminal Railway Company tire son origine de la Montreal Island Beltline
Railway Company. Cette dernière obtient la sanction de sa charte le 27 février 1893 par
une loi du Parlement du Québec (1893, CAP. LXX). Pour illustrer l'évolution de
l'entreprise, il convient de présenter ici les nombreux amendements apportés à sa
charte. La Montreal Island Belt Line Railway Company modifie d'abord sa charte pour
obtenir une incorporation sous la juridiction des lois du Canada (57-58, Victoria, Chap.
83, sanctionné le 23 juillet 1894) et un élargissement de son mandat. En 1896, la
compagnie obtient une nouvelle modification à sa charte, en vertu de laquelle elle
achète une partie du réseau des voies de la Chateauguay and Northern Railway Company
(59, Victoria, Chap. 27, sanctionné le 23 avril 1896). Un autre amendement lui permet
d'amener sa voie dans la partie sud de Montréal et ainsi se rapprocher du centre de la
ville (61 Victoria, Chap. 79, sanctionné le 13 juin 1898). En 1899, elle obtient auprès
du Parlement du Canada que son nom soit changé en celui de la Montreal Terminal Railway
Company et obtient aussi des modifications à sa charte (62-63 Victoria, Chap. 76,
sanctionné le 11 août 1899). En 1904, un nouvel amendement confère à la compagnie un
report de cinq ans de la date d'achèvement et de mise en opération de son réseau de
voies. (4 Edward VII, Chap. 99, sanctionné le 10 août 1904) et en 1909, la compagnie
obtient un nouveau report de 5 ans (8-9 Edward VII, Chap. 110, sanctionné le 7 avril
1909). Le 22 septembre 1911, le conseil d'administration de la Montreal Terminal Railway
Company approuve à l'unanimité le projet de vente de tous les actifs de la compagnie à
la Montreal Street Railway Company. Lors d'une assemblée générale spéciale, tenue le 2
octobre 1911, où sont présents tous les actionnaires de la compagnie, la vente de la
Montreal Terminal Railway Company à la Montreal Street Railway Company est unanimement
approuvée. Cette vente entraîne par ailleurs la fin des activités de la Montreal
Terminal Railway Company. Par la suite, les activités consignées témoignent d'une part
d'un hiatus complet entre 1912 et 1925, et, d'autre part, que ces activités ne se
rapportent qu'à des élections du conseil d'administration, et ce, de 1925 jusqu'en 1936.
Le mandat de la Montreal Island Beltline Railway Company prévoit «dans un rayon de
moins de deux milles du fleuve, la construction et l'exploitation de voies de tramways de
surface ou élevées qui pourraient passer sur le territoire des villes de l'île de
Montréal, en autant qu'il n'y ait qu'un seul point d'entrée et de sortie dans la Ville
de Montréal pour ces voies». La compagnie peut aussi construire des ponts et produire de
l'électricité. Par la suite, son mandat s'est régulièrement élargi pour lui permettre
d'assurer le transport des passagers au-delà de l'île de Montréal, d'assurer le
transport de passagers et de marchandises par bateau, et de fournir des services de
télégraphie et de téléphonie. La compagnie est dirigée par un conseil
d'administration qui peut compter entre 7 et 12 membres, tous actionnaires de la compagnie
et élus lors de l'assemblée générale annuelle. Un président et un vice-président
sont désignés par les membres du conseil. Le capital-actions de la compagnie est fixé
à 3 millions de dollars, avec la possibilité de le hausser éventuellement à 6 millions
de dollars.
Le mandat de la Montreal Terminal Railway Company reprend celui de la Montreal Island
Belt Line Railway Company et lui ajoute la capacité d'émettre des obligations pour
financer diverses constructions majeures et étendre son réseau jusqu'à Joliette,
Berthier et Rawdon.
Complément à l'histoire administrative
Incorporée en 1893 par un groupe d'actionnaires très majoritairement francophones, la
Montreal Island Belt Line Railway Company ne commence qu'en 1895, selon toute
vraisemblance, à entreprendre la réalisation du mandat que lui confère sa charte. En
effet, c'est le 31 octobre 1895 qu'elle conclut une entente avec la Chateauguay and
Northern Railway Company en vertu de laquelle cette dernière, qui détient les droits sur
ce tronçon, lui cède ses droits et s'engage de plus à lui livrer d'ici le 15 août 1896
un tronçon complété d'une longueur de 13 milles, entre le quartier Hochelaga et
l'extrémité est de l'île de Montréal. Selon les documents du fonds, il nous est
impossible d'établir avec certitude que le tramway a fonctionné dès 1896. En revanche,
en 1897, la Montreal Island Belt Line Railway Company transporte des passagers sur cette
voie à l'aide de 4 tramways . Le circuit part de la rue LaSalle, dans la ville de
Maisonneuve, pour se diriger jusqu'au parc du «Bout-de-l'île» à la pointe est de
l'île de Montréal. Soucieuse d'assurer un meilleur service à sa clientèle et de
l'amener jusqu'au coeur de Montréal, la compagnie obtient d'abord une modification à sa
charte (1898), puis elle signe un contrat avec la Ville de Montréal (Règlement 274) lui
permettant d'amener ses passagers à proximité de la rue Hôtel de Ville, à une faible
distance du centre du Montréal d'alors . En 1903, la Montreal Terminal Railway Company
peut enfin se prévaloir du contrat avec Montréal et faire entrer ses tramways en plein
coeur de la ville .
Elle envahit ainsi le fief de la Montreal Street Railway Company, qui ne tolère que
peu de temps cette concurrence sur son propre territoire. En 1907, la Montreal Street
Railway Company prend le contrôle de la Montreal Terminal Railway Company. Les conditions
précises de cette transaction ne sont malheureusement pas appuyées par les documents
conservés dans le fonds. Aussi demeurent-elles imprécises au moment du traitement du
fonds. Toutefois, une mention dans un livre des minutes de la Montreal Street Railway
Company établit simplement qu'un prêt de 840 000$ a été obtenu auprès de la Sun Life
pour l'acquisition de la Montreal Terminal Railway Company, sans plus de précision .
Cette dernière continue de fonctionner sous son propre nom et avec une certaine
autonomie.
Nous possédons davantage de renseignements à propos de cette entreprise pour ses cinq
dernières années que pour celles qui ont précédé. C'est ainsi que nous sommes en
mesure de vous présenter quelques données relatives aux finances de la compagnie
(tableau 1).
Tableau 1: revenus et déficits de la Montreal Terminal Railway Company,
1907-1911
| Année |
Revenus bruts |
Dépenses |
Résultat d'exploitation |
Intérêts
dûs sur obligations |
Résultats nets |
| 1907 |
95 526 |
111 435 |
(15 909) |
32 212 |
(48 122) |
| 1908 |
110 472 |
115 634 |
(5162) |
32 220 |
(37 382) |
| 1909 |
124 318 |
118 840 |
5 478 |
34 682 |
(29 205) |
| 1910 |
158 728 |
135 567 |
23 215 |
36 438 |
(13 279) |
| 1911 |
169 963 |
162 338 |
7 625 |
38 283 |
(36 789) |
Par ailleurs, étant de dimension plus modeste et n'exploitant que deux circuits, ses
besoins en matière de matériel roulant sont assez restreints. Ainsi, elle ne comptera
pas plus de 37 tramways dans son inventaire de tramways pour passagers .
Les documents relatifs aux ressources humaines ne nous apprennent que peu de choses sur
les employés de la Montreal Island Belt Line Railway Company ou de la Montreal Terminal
Railway Company. Toutefois, les listes d'employés semblent nous indiquer que les
conducteurs et garde-moteurs peuvent être simultanément à l'emploi de la Montreal
Terminal Railway Company et de la Montreal Street Railway Company. D'autre part, à la
suite de l'acquisition de la compagnie par la Montreal Street Railway Company en 1907, les
employés permanents peuvent se joindre à l'Association mutuelle de bienfaisance de la
compagnie de chemin de fer urbain de Montréal . Ils profitent ainsi des trois types de
bénéfices accordés aux employés: accidents et maladie, pension de retraite et
assurance-vie. Enfin, en juillet 1910, le conseil d'administration approuve une
augmentation d'un cent par heure de la rémunération des conducteurs et garde-moteurs.
Cependant, aucune indication n'est donnée sur ce que constitue la rémunération avant ou
après l'augmentation .
Le 22 septembre 1911, la Montreal Terminal Railway Company, porteuse de dettes
considérables envers la Montreal Street Railway Company , est achetée par cette
dernière. Cette transaction signifiait d'abord la fin des activités de la Montreal
Terminal Railway Company mais surtout le début de la consolidation du tramway à
Montréal, sous la poussée de E.A. Robert, président de la Montreal Street Railway
Company. La Montreal Terminal Railway Company n'aura donc jamais eu le temps de compléter
ne serait-ce que le quart de tout ce qu'elle pouvait réaliser par sa charte et ses
amendements subséquents.
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